Ces sentiers trop fréquentés qui blessent la terre, chemins du désir et de la peur, et cette foule immense qui voudrait renaître... fatiguée, l'âme du monde s'appuie un instant sur ces êtres stupéfaits, le soleil est bas, rouge, puissant, plein de tendresse, trois grandes oies passent lentement.
Nous sommes arrivés ce matin et le sol et les pierres anciennes, ces grandes plaines desséchées, ce vaste monde merveilleux, et les nuages éternels qui renaissent à chaque instant de ces âges fabuleux.
Le cœur bouillonne de bonheur, l'impossible s'élève paisible en fumée, l'odeur de la mousse et de la pluie, la résine qui colle à la peau.
La flamme souple brûle, longue, haute, toujours, un peu de poussière retombe lentement.
Et maintenant, les cercles des mondes se brisent et les horizons se chevauchent, et les êtres se taisent de terreur car c'est letemps de la métamorphose, aujourd'hui, mon dieu, la terre s'enivre de colère et détruits ses enfants.
Il y a d'immenses troupeaux en feu qui courent entre les galaxies et... oh mon dieu, ils sont en nous, nous sommes dans la poussière des soleils qui meurent et renaissent, l'éclat d'un instant, sur le dos de l'immense, nous avançons dans l'inconnu.
Nous sommes sur la peau du monde et au dessus de nous scintillent les étoiles incroyables.
Le sentier est petit, on passe seul, Il semble qu'au delà il n'y ait plus de chemin. Vois, autour de nous se déploient d'autres terres, des plaines sans fin.
Les cendres, la chaleur, encore marcher sur les herbes sèches et respirer l'odeur des terres sombres, l'enivrante tendresse du soleil et puis l'écume du bonheur.
Regardes, regardes dans ma main ces trois grains, ce sont les mêmes. La main se pose sur le mur, dans la fissure des petits cailloux se sont rencontrés autour d'une goutte de rosée.
Sur le sol, des heures fanées dans la poussière, on marche sur les ombres et ils ne le savent pas, oh dieux, ils ne le savent même pas, ces enfants insouciants, qu'ils ne jouent déjà plus...